
La Roue de l’Année
Origines, symbolisme et transmission
La Roue de l’Année est aujourd’hui l’un des repères les plus puissants du néo-paganisme occidental. Elle incarne le cycle éternel des saisons, le dialogue entre l’humain et le sacré, et la danse permanente entre mort, renaissance, croissance et récolte. Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la Roue sous sa forme actuelle n’est pas un héritage intact des peuples anciens. Elle est un pont moderne, construit à partir de traditions celtes, germano-nordiques et d’un symbolisme universel lié à la nature.
Héritage celte (gaélique)
Les Celtes insulaires célébraient un calendrier saisonnier marqué par quatre grandes fêtes de feu :
- Samhain : début de la saison sombre, fête des ancêtres et du passage
- Imbolc : purification, premières lueurs de renouveau
- Beltane : union sacrée, fertilité, explosion du vivant
- Lughnasadh : premières moissons, gratitude et abondance
Ce cycle était saisonnier et rituel, mais pas organisé en roue à 8 fêtes.
Traditions nordiques et germaniques
Les peuples scandinaves et germano-nordiques honoraient également les saisons, avec des rites majeurs comme :
- Jól (Yule) au solstice d’hiver
- Disablót en février (culte aux dises, ancêtres féminines)
- Sigrblót / Sommerblót au printemps-été (victoire, fertilité)
- Alfablót à l’automne (culte aux elfes et aux lignées ancestrales)
Là encore, pas de roue sacrée formalisée dans les sources antiques, mais une forte présence des solstices et cycles agricoles.
La Roue moderne
La Roue de l’Année telle qu’on la connaît est née au début du 20ᵉ siècle, au sein de la Wicca et des courants néo-druidiques. Elle combine les 4 fêtes celtes auxquelles sont ajoutées 4 fêtes solaires (équinoxes et solstices, d’influence germanique, le tout organisée en un cycle circulaire symbolique
Ce système est donc un syncrétisme moderne inspiré de l’ancien, plutôt qu’une tradition antique intacte. Cette roue est divisée en deux grandes moitiés.
La saison claire (croissance, expansion) :
- Ostara (équinoxe de printemps)
- Beltane
- Litha (solstice d’été)
- Lughnasadh
La saison sombre (introspection, mort symbolique, gestation)
- Mabon (équinoxe d’automne)
- Samhain
- Yule (solstice d’hiver)
- Imbolc
Chaque fête marque un point énergétique, rituel et psychologique du cycle humain autant que du cycle naturel.
Les 8 fêtes de la roue de l’année
Samhain – 31 octobre : C’est la porte de l’Invisible. Le voile s’amincit. On honore les morts, les lignées, les mémoires. C’est aussi la mort symbolique du cycle : ce qui doit finir, finit ici. Samhain nous enseigne le lâcher-prise radical et l’écoute des messages subtils.
Yule – Solstice d’hiver : Dans le noir le plus profond, une flamme revient. Yule est la renaissance de la lumière, mais encore fragile, intérieure, intime. C’est le temps de l’espoir, du feu du foyer, des promesses. Il nous rappelle que toute transformation commence dans l’ombre, avant d’apparaître.
Imbolc – 1ᵉʳ février : Le premier souffle de renouveau. Purification, alignement, engagement. C’est le moment où l’intention devient acte conscient. Imbolc est une fête d’initiation à la clarté intérieure, au tri, à la remise en mouvement.
Ostara – Équinoxe de printemps : Équilibre parfait entre jour et nuit. La graine se réveille. C’est le temps de la croissance visible, de la confiance, de la décision. Ostara nous enseigne l’harmonie active : agir sans perdre son centre.
Beltane – 1ᵉʳ mai : L’union sacrée. La nature s’embrase. Les polarités se rencontrent : féminin/masculin, ciel/terre, matière/esprit. Beltane parle d’amour, de fertilité, de créativité, d’érotisme sacré, mais aussi de puissance créatrice brute.
Litha – Solstice d’été : Le point culminant de la lumière. Apogée, célébration, gratitude. Litha nous invite à reconnaître notre propre rayonnement, nos réussites, notre maturité. C’est aussi un rappel : après le sommet, la roue poursuit son mouvement.
Lughnasadh – 1ᵉʳ août : Les premières récoltes. On cueille les fruits de ce qui a été semé à Ostara et consacré à Beltane. Lughnasadh enseigne l’abondance humble : remercier sans s’approprier, partager sans s’épuiser.
Mabon – Équinoxe d’automne : La grande récolte. Bilan, gratitude, préparation au retour de l’ombre. C’est un point d’équilibre, mais cette fois orienté vers le retour à soi, le recentrage, l’intériorisation. On engrange, on se prépare, on remercie.

Lien avec les runes
Même si la roue de l’année n’est pas norroise à l’origine, elle dialogue parfaitement avec la philosophie runique, qui elle aussi repose sur les cycles, la transformation, ’interaction entre visible et invisible et l’enseignement par symboles.
Beaucoup de praticiens modernes associent chaque période de la Roue à des runes spécifiques, non pas par fidélité historique, mais par cohérence symbolique et énergétique.
La Roue comme chemin de développement personnel
Au-delà du rituel spirituel, la Roue de l’Année est un outil psychologique d’évolution. Elle nous apprend à :
- Accepter les fins (Samhain)
- Rallumer un feu intérieur quand tout semble éteint (Yule)
- Clarifier et purifier nos objectifs (Imbolc)
- Remettre en mouvement nos projets (Ostara)
- Créer avec puissance et passion (Beltane)
- Célébrer nos réussites (Litha)
- Accueillir l’abondance et apprendre à partager (Lughnasadh)
- Faire le bilan et remercier sans s’accrocher (Mabon)
Elle reflète donc les 8 grandes étapes de la transformation humaine, que l’on peut traverser chaque année, mais aussi plusieurs fois dans une vie.
La Roue de l’Année n’est pas antique dans sa forme mais porte des racines celtes et nord-germaniques et surtout un symbolisme universel qui peut être enseigné, vécu et réinterprété avec authenticité aujourd’hui. Elle n’est pas un dogme. Elle est une boussole circulaire, un outil d’alignement, d’introspection et de célébration du vivant.





